Une école libre, sans programme imposé, sans classes d'âge et
sans examen à date fixe. Le savoir est un univers que l'on explore, et qui
s'ouvre au fur et à mesure : chacun son chemin — d'apprendre à lire
jusqu'à la physique nucléaire — où l'on ne passe à la suite que quand le
précédent est enraciné.
···
Ce que c'est
Une école, et le savoir s'y ouvre au fur et à mesure
Rhizome est une carte de tout ce qu'il y a à apprendre, où
chaque chose est reliée à celles qu'il faut savoir avant. Une
définition, un exercice, un morceau de piano, un travail à présenter :
chacun y a sa place, et chacun dit ce qu'il demande d'abord. Le reste en
découle. Une chose ne s'ouvre que quand ce qui la précède
est enraciné, et elle se referme si l'on vient à l'oublier — personne
n'a donc à décider de ce qui vient ensuite, ni à l'avance ni pour tout le
monde.
Libre et ouverte. Le logiciel est libre, le contenu
aussi, et tout tourne à la maison sur une machine à soi : il n'y a pas de
compte à ouvrir, pas d'abonnement, et personne à qui ce que l'on sait est
vendu. Ce qui est écrit ici est écrit pour être repris ailleurs — le but
déclaré est un rhizome commun, construit à plusieurs et disponible pour
tout le monde.
Pour une personne à la fois. Pas de classe, pas de
niveau, pas de moyenne : un enfant de six ans qui apprend à lire et un
adulte qui reprend les mathématiques marchent la même carte, chacun par où
il en est. On entre par où l'on veut, on vise ce que l'on veut, et le
chemin se déduit au lieu d'être prescrit.
Rien n'est supposé acquis. C'est le point sur lequel
l'école ordinaire renonce, faute de pouvoir le faire à trente : on avance
au programme et l'on suppose que le reste a suivi. Ici chaque pas est
vérifié avant d'ouvrir le suivant, ce qui se mémorise revient tant que ce
n'est pas retenu, et ce qui se prouve se prouve à froid, sur un énoncé
jamais vu — un exercice déjà fait est de la récitation déguisée.
Chaque élève marche ce graphe toute sa scolarité et en sort
plus intelligent et plus libre.
L'apprentissage comme réalisation de soi : la curiosité
expose, l'exposition fait comprendre, la compréhension fait le savoir,
l'entraînement le savoir-faire, et le savoir-faire une œuvre qui n'est qu'à
soi. Le premier élève, c'est moi.
Le nom
Un rhizome, pas un arbre
Un rhizome est une tige souterraine qui court à l'horizontale, sans tronc
ni racine maîtresse, et remonte en pousses un peu partout. Deleuze et Guattari
en ont fait le nom d'une connaissance organisée en réseau, dont n'importe quel
point se relie à n'importe quel autre — explicitement contre le modèle
arborescent : le tronc, le programme, les classes d'âge.
Un arbre a une racine et un seul chemin vers chaque feuille. Ce graphe a
plusieurs points d'entrée et de nombreux chemins vers le même nœud. Rien ne
les a déclarés : ce sont les nœuds qui n'ont aucun prérequis, et ils tombent
du graphe plutôt qu'on ne les décrète.
Marcher le graphe
Viser un savoir, ou se laisser porter
Viser répond à l'ambition : on nomme ce que l'on veut
savoir faire, et le graphe rend le chemin. Se promener répond à la
curiosité : on sort du sentier, on essaie, on tombe sur ce qu'on ne
cherchait pas. Un rhizome qui n'offrirait que le premier serait un programme
dont l'élève choisit les étapes — mieux qu'un programme imposé, mais toujours
un programme. Ce ne sont pas deux modes : c'est la même marche et la même
règle, et seule la question posée change.
Un rhizome n'a pas de centre. Pas de premier chapitre, pas de tronc
dont tout descendrait — et donc pas de sommaire à afficher. Canopée
ouvre sur une question plutôt que sur un plan : par quoi
commencer ? Chaque domaine annonce ce qui s'y est ouvert et ce
qui y est déjà enraciné. Un domaine dont rien ne s'ouvre parce que son
entrée est ailleurs n'est pas proposé : ce n'est pas un départ. Celui
qui est entièrement enraciné reste affiché, et le dit.
On choisit une direction, et on avance une chose à la fois. C'est la
balade : aucun trajet n'est prescrit, et rien n'est
proposé dont les prérequis ne sont pas déjà enracinés.
Les domaines, avec ce qui s'y est ouvert. Trois n'ont rien à
proposer aujourd'hui et le disent.
Mais l'absence de centre n'est pas l'absence de but. On peut nommer
une destination — jouer le Prélude de la Goutte d'eau,
comprendre la loi de Chinchilla — et le graphe remonte le chemin à
l'envers : il rassemble tout ce que ce nœud exige, de proche en proche,
et ne propose plus que ça, dans un ordre où chaque pas est franchissable.
Le compteur dit où l'on en est : 7 sur 70. Personne
n'a écrit ce parcours ; il est déduit des prérequis, et il se raccourcit
tout seul à mesure que d'autres chemins passent par les mêmes nœuds.
Les destinations visées, et ce qu'il reste à enraciner pour
y arriver.
Répondre dans Canopée, c'est réviser dans Anki.
Une définition se montre question d'abord, réponse
derrière un bouton, et le temps entre les deux est mesuré. Les quatre
réponses — oubliée, rappel difficile,
mémorisée, facile — sont les quatre boutons d'Anki, et
la réponse passe par son ordonnanceur : Canopée est un
réviseur de plus, jamais un second ordonnanceur. Ce qu'Anki ne voit pas
— une notion comprise, une épreuve passée — c'est le jugement de
l'apprenant qui le prouve, et c'est lui qui ouvre la suite.
Et quand il n'y a plus rien à proposer, l'écran vide dit
pourquoi : ce qui est ouvert mais se règle dans Anki,
et ce qui a été répondu incomprise et garde tout un sous-arbre
fermé. Une impasse visible est la seule qu'on peut décider de rouvrir.
Le principe
Ce n'est pas un paquet de cartes mémoire
Et ce n'est pas la taxonomie qui l'en empêche. Même réduit aux faits et
aux savoir-faire, Rhizome serait autre chose — parce que c'est la
structure qui porte le sens.
Le nœud
Une chose que l'on peut venir à savoir
Pas un recto et un verso : un pas dans un parcours, qui affirme quelque
chose de précis et se valide d'une manière précise.
L'arête
« Il faut d'abord ça »
Un paquet de cartes est exactement ça, un paquet : des bribes sans
relation entre elles. Ici la relation est le contenu.
La marche
Un résultat ouvre ou ferme la suite
Un nœud n'est franchissable que si chacun de ses prérequis est su
et pas encore périmé. Une preuve qui a décanté ne porte plus ce
qui s'appuie dessus.
La taxonomie
Quatre types, sept formes, et une seule chose à choisir
Le type dit ce que le nœud affirme et qui en juge. La
forme dit à quoi le contenu ressemble et par quels états il
passe. On ne passe jamais que la forme : le type s'en déduit.
Les types : qui juge
Ils sont ordonnés par le juge, et le
coût de la validation monte exactement à mesure que l'automatisation devient
impossible. C'est la dernière ligne qui fait de ceci une école plutôt qu'une
application de révision, et c'est celle qu'il faut garder non automatisée.
Type
Affirme
Validé par
Jugé par
Formes
Fait
une définition, un énoncé
le rappel
une machine (Anki)
notion · définition · exemple
Savoir-faire
tu sais le faire
une solution face à un corrigé
toi
exercice · aptitude
Compétence
tu sais le faire à froid
une instance fraîche, chronométrée, sans notes
le système
épreuve
Chef d'œuvre
tu as fait une œuvre
le jugement
tes pairs
œuvre
Le compagnonnage a tranché cette dernière ligne il y a trois
siècles : un chef d'œuvre est jugé par ceux qui en ont fait un.
En gras, l'état qui enracine. Les états
sont portés par la forme et non par le type : c'est là que se voit la seule
différence entre une notion et une définition — pour l'une,
comprise enracine déjà ; pour l'autre, il faut aller jusqu'à
mémorisée. C'est aussi pourquoi une notion ne porte pas de carte :
les quatre boutons d'une application de répétition espacée mesurent le
rappel, et demander de restituer une notion mesure la mauvaise chose.
La définition est la seule forme à deux états qui enracinent, parce que
ses quatre derniers barreaux sont ces quatre boutons — et
rappel difficile n'enracine pas : ce qui se rappelle avec effort
ne porte pas encore ce qui s'appuie dessus.
Enraciné — un savoir qu'on a compris,
mémorisé, pratiqué, et qui n'a pas séché.
Un mot pour les sept, parce que chaque forme s'enracine
à sa façon : une notion quand elle est comprise, une définition quand
elle est mémorisée, un exercice quand il est résolu, une aptitude quand
elle est acquise, une épreuve quand elle est réussie. C'est l'état en
gras de la colonne d'à côté, et c'est la seule chose qui ouvre ce qui
vient après.
Enraciné et non acquis : on n'acquiert pas une racine, et ce
qu'on acquiert peut rester posé sur l'étagère. Une racine a pris, et
elle reste prise — ou elle sèche, et il faut la reprendre. C'est exactement ce
que fait un prérequis dont la carte est échue.
Trois formes portent une carte, quatre n'en portent pas —
et ce n'est pas un détail d'implémentation.
Aucune des quatre n'est une question avec une réponse au
dos. Une notion se comprend, une aptitude se montre en faisant ses exercices,
une épreuve se passe, une œuvre se juge. La ligne de partage est exactement :
est-ce que ça se répond de mémoire ?
Les trois confusions qui guettent
exercice / aptitude
Même type, sens inverse. Un exercice est un problème ; le
savoir-faire est l'aptitude que plusieurs exercices construisent. Ça se lit
dans les arêtes : un savoir-faire requiert des exercices, un exercice
requiert des notions et des savoir-faire.
sans forme propre, l'aptitude reste implicite
aptitude / épreuve
Les deux sont « savoir faire ». L'aptitude, c'est toi qui la juges,
et elle a le droit d'être mal assurée — à moitié enracinée, parfois là, parfois pas. L'épreuve est binaire, passée à froid, jugée par le système.
toute la différence entre s'entraîner et être examiné
notion / définition
Les deux sont des faits, et c'est la seule chose qu'elles partagent.
Une définition se retient mot pour mot, donc elle porte une carte. Une
notion se comprend, donc elle n'en porte pas : il n'y a rien à restituer.
comprendre et retenir ne se mesurent pas pareil
Les degrés
On repasse toute sa vie par les mêmes choses
Une notion n'a pas un niveau de compréhension, elle en a plusieurs.
Une compétence ne se possède pas, elle se maîtrise plus ou moins. Un
graphe qui n'a qu'un seul nœud pour « nombre premier » ne peut dire ni
l'un ni l'autre.
On passe et repasse toute notre scolarité et toute notre
vie par les mêmes notions avec un niveau de compréhension différent à
chaque fois.
Le nombre premier du collège — un nombre qui n'a que deux
diviseurs — et celui de la licence — un élément irréductible d'un anneau —
ne disent pas la même chose, n'ont pas les mêmes prérequis, et savoir
l'un n'est pas savoir l'autre. Ce sont deux savoirs distincts qui
partagent un référent. Le graphe les garde comme deux nœuds, et
leur donne un nom commun : un nœud est un degré d'un
concept, et un concept est défini à plusieurs degrés.
Deux axes, pas un
Comprendre plus
Une notion se décrit de plus en plus précisément
Le PGCD, le cerveau, le cœur, les lois de la
physique : à chaque passage la même chose se dit avec plus de
prérequis présents, et donc plus exactement. Chaque degré se comprend
ou se retient pour lui-même.
Maîtriser mieux
Une compétence se possède de mieux en mieux
Lire, jouer du piano, peindre, chanter, coder,
cuisiner. Les degrés de jouer du piano sont les morceaux
travaillés, et la sonate qu'on présente à des pairs en est le degré
ultime : le chef d'œuvre n'est pas une catégorie à part, c'est jusqu'où
la maîtrise est allée.
Un concept a une nature, donc un seul axe : tous ses degrés
se graduent le long du même. La forme, elle, change d'un degré à l'autre —
une notion, puis un exercice, puis une épreuve à froid — parce que la forme
dit comment ce degré-là se valide.
Ce que « degré » ne veut pas dire
un rang
Il n'y a pas de « degré 1 » ni de « degré 3 ». Rien n'est numéroté,
aucun nœud ne porte un niveau, une profondeur ou une difficulté. Ce qui
ordonne deux degrés, quand ils s'ordonnent, c'est un prérequis entre
eux et rien d'autre — et deux degrés d'une même chose peuvent très bien
ne pas se comparer. Le mot dit jusqu'où on est allé, pas à quelle place
on est dans une file.
un suffixe de niveau réintroduirait par le nommage
l'ordre qu'on a refusé, et deviendrait faux dès qu'un degré s'insère
entre deux autres
un sujet
Un concept dit « ces nœuds sont des degrés de la même chose », pas
« ces nœuds parlent du même sujet ». Les pédales du piano et savoir
doser la pédale de sustain sont deux choses d'un même domaine, pas deux
degrés d'une seule. Le sujet reste aux étiquettes, qui sont multiples
par nature ; le concept est unique.
la proportionnalité en quatrième : quinze nœuds,
une dizaine de choses distinctes, trois paires de degrés
un homonyme
Deux notions qui portent le même nom sont deux notions. La
fonction des mathématiques et la fonction de l'informatique ne
partagent rien qu'un mot, et reçoivent deux concepts. Le système
rapproche les titres qui coïncident et propose ; une
personne tranche, parce que le même titre peut vouloir dire une chose
vue deux fois ou deux choses qui se heurtent.
8 paires attendent cette décision ; une l'a reçue,
l'aire du parallélogramme, base fois hauteur au collège et déterminant
de Gram en licence
Deux degrés ne sont pas deux langues
La même pression — repasser sur la
même chose — se présente une troisième fois quand il faut lire en anglais.
Mais le test les sépare : si je connais l'un, est-ce que je connais
l'autre ?
Deux degrés
Deux langues
Disent-ils la même chose ?
non
oui
Mêmes prérequis ?
non
oui
Si je sais l'un, je sais l'autre ?
non
oui
Deux degrés sont deux savoirs qui partagent un référent.
Deux langues sont un seul savoir sous deux surfaces : une note est un
rendu d'un nœud dans une langue, et le savoir — l'état, la carte,
l'historique — reste sur le nœud. Un nœud que personne ne peut lire dans
sa langue n'a pas de carte, donc ne s'enracine pas, donc ferme ce qu'il
porte : c'est un mur, pas un trou, et traduire est la seule issue. 3 208
rendus aujourd'hui, tous en français.
Ce qu'on y apprend
Huit thèmes, et les matières par-dessus
Ce ne sont pas des matières : c'est ce que les matières ont en commun en
dessous d'elles. On les a nommés parce que c'est là que les chemins se
rejoignent — deux domaines qui semblent étrangers partagent presque toujours
une racine, et c'est elle qu'il faut écrire pour que les deux s'ouvrent.
Déchiffrer
La lecture
Lire une notation, quelle qu'elle soit : un mot, une partition, une
recette, une notice de montage, un énoncé, la romanisation du coréen.
Comparer
Les grandeurs
Comparer sans mesurer en maternelle, puis l'unité, la grandeur
composée, l'ordre de grandeur, et l'analyse dimensionnelle en licence.
Quantifier
La mesure
Du temps, d'un segment, d'un débit, d'un poids. La règle graduée est
déjà la droite réelle ; le volume du pavé est déjà la mesure de Lebesgue.
Habiter
Le corps
Le connaître et le nommer — en français avant de le nommer en coréen.
La posture du pianiste et celle du chanteur sont le même dos.
Pratiquer
La musique, le sport, l'art, l'artisanat
Les quatre pratiques de base, celles qui donnent l'oreille, le geste,
l'œil et la main. Tout le reste s'appuie dessus.
Par-dessus
Les matières
Les mathématiques, la musique, la maison, le taekwondo, le français,
l'histoire-géographie, l'informatique, les sciences. Ce sont elles que
l'on vise — et chacune s'ouvre par en bas, par un thème.
Ces thèmes se tracent en arêtes, jamais en étiquettes : une
étiquette regroupe, elle ne dit pas « ça d'abord », et c'est l'arête que le
planificateur lit. Aujourd'hui les matières restent presque disjointes — un
seul domaine les traverse toutes, terreau, par le déchiffrage et la
comptine numérique. Lire et compter sont les deux seules choses qu'elles
partagent déjà ; les six autres thèmes sont encore largement à écrire, et les
nœuds qui manquent relieraient à eux seuls quatre matières.
Quatre coins du graphe
Le vocabulaire, en service
Quatre sous-graphes relevés tels quels dans la base — aucun nœud, aucune
arête n'a été ajouté pour la démonstration.
Deux lectures se superposent, et c'est la hiérarchie de la taxonomie.
La géométrie dit le type, c'est-à-dire qui juge : un
rectangle est un fait, jugé par une machine ; un parallélogramme un
savoir-faire, jugé par soi ; un hexagone une compétence, passée à froid et
jugée par le système ; un cercle un chef d'œuvre, jugé par les pairs.
La couleur dit la forme — deux rectangles de couleurs
différentes sont tous deux des faits, l'un une notion qui se comprend,
l'autre une définition qui se retient.
Enfin, un trait plein requiert : rien derrière ne s'ouvre tant que ce n'est pas enraciné. Un trait pointillé
enrichit, et ne ferme jamais rien — c'est le « et aussi »
par lequel on sort du programme.
Apprendre à lire
Douze nœuds, quinze arêtes. Rien ne déclare que l'alphabet est
le début : il l'est parce qu'il ne requiert rien. Les deux traits en
pointillé sont les seules arêtes d'enrichissement de ce coin du
graphe.
Compter, puis dénombrer
Les rectangles bleus sont des notions : elles se comprennent
et ne portent aucune carte. Le pivot est « le produit comme rectangle » — il rend
la commutativité visible, et c'est le même dessin qui, en comptant des
couples au lieu d'objets, ouvre le dénombrement. Euclide n'est le prérequis
de rien ; il est bon à lire une fois.
Du tabouret au Prélude
Presque tout y est épreuve : des choses qu'on sait faire ou
non, jugées à froid. Elles n'ouvrent pas un examen mais deux pièces
précises — et un exercice étant un problème, c'est une
pièce. Le Prélude op. 28 n° 4 est un prérequis de la Goutte d'eau : même
main, moins de notes.
Le brevet
Le seul coin où les quatre étages se voient d'un coup, et le
seul qui porte une date : l'élève passe l'épreuve en 2028. Les annales ne
sont pas où on les attend. Un sujet de 2016 n'est pas un prérequis du
diplôme — c'est l'aptitude qui est le prérequis de l'exercice, et
l'exercice est une feuille : on ne passe pas par le viaduc de Millau pour
avoir le brevet, on y passe pour se prouver qu'on sait faire. Les 213
annales entrées dans le graphe sont toutes des feuilles comme ces
deux-là, dont soixante-neuf accrochées à la proportionnalité seule.
L'orthographe mène aux quatre copies : elle n'est pas une
matière parmi d'autres, elle est notée dans chacune, et le graphe le dit
en une arête par épreuve plutôt qu'en une note de bas de page. La
soutenance, elle, ne descend d'aucune matière — choisir son sujet est à
comprendre, la préparer est à faire, parler devant un jury est ce qui se
juge à froid. Deux titres sont abrégés ici, les annales et les quatre
copies ; tout le reste est le titre que porte le nœud.
Le brevet, en entier
Le dessin ci-dessus est une tranche choisie à la main, pour qu'on puisse
lire les étiquettes. Voici la même chose sans rien enlever :
530 nœuds et 958 arêtes : les 318 qu'il faut enraciner
avant que le diplôme s'ouvre, et les 212 annales qui pendent sous leur
aptitude. La profondeur va de gauche à droite, sur trente-trois colonnes, et
le diplôme est la dernière case à droite ; les colonnes les plus
hautes, au milieu, sont les annales. Les étiquettes apparaissent quand on
zoome assez pour les lire.
glisser pour déplacer · molette pour zoomer
Trente-trois couches, et le dessin n'en invente aucune :
c'est la fermeture transitive de obtenir-le-brevet par les
arêtes requires revues. Le plus long chemin ne vient pas des
mathématiques — il part de Découper un mot en syllabes, à
trente-deux arêtes du diplôme, et remonte par la conscience phonologique,
le déchiffrage, la fluence et la compréhension jusqu'à l'épreuve de
français. C'est le sous-graphe dessiné plus haut sous « Apprendre à lire »,
vu d'ici comme la racine la plus profonde du brevet : pour avoir le
diplôme en 2028, il a d'abord fallu entendre que deux mots riment. C'est
aussi l'argument de la page entière — personne n'écrit ce plan à la main,
et personne ne le vérifie à la main non plus.
Les arêtes
Une seule des deux ferme une porte
requires
Prérequis dur. C'est lui qui suspend et réveille les cartes dans Anki.
Déclaré en frontmatter sur le dépendant, tiré à la main avec
rhizome link, ou accepté sur l'écran qui montre ce qu'un
import a deviné. Dans les trois cas la même règle, au même endroit :
le démon refuse le cycle, et lève un veto plutôt que de lui
obéir.une décision délibérée, à un endroit précis
enriches
La culture, la curiosité, la sérendipité. Le prélude
Raindrop et Chopin ne sont pas dans un rapport de prérequis — on
peut aborder l'un sans l'autre — mais un graphe qui ignore ce lien n'est
qu'un ordonnanceur. Euclide n'est le prérequis de rien ; c'est bon à
lire une fois. Une chaîne de prérequis dit quoi ensuite, une
arête d'enrichissement dit et aussi, et c'est par là qu'on sort
du programme.573 arêtes sur 6 600, contre 14 sur
2 031 en septembre : 540 écrites dans le vault sous
## Voisinage, 15 proposées par Wikipédia et acceptées.
Wikipédia ne proposera jamais un prérequis — un lien dit que deux
sujets se touchent, pas lequel vient d'abord
Orphelins et cycles
Des bugs, pas des avertissements. Un orphelin est une
définition dont les prérequis n'ont jamais été écrits — un trou dans les
notes, donc dans la compréhension. Un cycle veut dire que A est défini par
B et B par A, donc qu'aucune des deux définitions n'est
réelle.doctor en compte 0 et 3 : les orphelins ont été
résorbés le 12 octobre, les cycles sont toujours là — il les compte, il
ne les tolère pas
À partir d'ici
Le détail technique
Ce qui précède dit ce qu'est l'école et ce qu'on y apprend ; ce qui
suit dit comment elle est faite — les magasins, les sources, les chiffres du
jour et ce qui manque encore. C'est utile pour y contribuer, et inutile pour
la comprendre.
L'architecture
Le graphe est le produit, les magasins sont des adaptateurs
Chacun est réellement le meilleur à une chose, et une seule. Rhizome est
ce qui les garde d'accord.
Magasin
Fait autorité sur
Ce qu'il ne décide pas
Obsidian
le contenu — l'écriture humaine, les liens wiki
ce qui est su
Anki
l'état de mémoire — la répétition espacée
ce que dit une carte
PostgreSQL
la structure — nœuds, arêtes, états, marche
l'un ni l'autre
Le contenu va dans un sens, l'état de mémoire dans l'autre, et
les deux ne touchent jamais aux mêmes champs. Rhizome est le seul
écrivain de cartes : deux systèmes écrivant dans une même collection, c'est une
propriété partagée, et c'est là que vit la corruption. Depuis octobre Anki
n'est plus un bureau mais un serveur de synchronisation privé, une collection
par apprenant, et le démon y est un client comme n'importe quel téléphone :
sa propre copie, descendue avant d'écrire, remontée après — jamais le
fichier du serveur.
Quatre sources, un graphe, trois fronts, et tous répondent.
Le démon est devenu la boucle : il suit le vault et relit chaque note
modifiée, il écoute la base — une réponse, un objectif déplacé le
réveillent — et il balaie chaque heure, parce que le temps qui passe
rend une carte échue sans prévenir personne. Le CLI garde ce qu'une main
fait : écrire un nœud, tirer une arête, dire qu'on y est arrivé. Le seul
trait en tirets est en sursis, pas en projet : la synchronisation par
AnkiConnect exige un bureau ouvert sur le bon profil, et ne sert ni
plusieurs apprenants ni personne la nuit.
L'état — 12 octobre 2026
Ce que la base contient vraiment
3 217
nœuds — 1 947 écrits dans Obsidian, 1 068 d'un corpus de cours en LaTeX, 163 lus dans une collection Anki, 23 posés à la main, 16 venus de Wikipédia. Six cents nœuds en quatre jours : les annales du brevet sont entrées d'un bloc, et le vault est passé devant le corpus LaTeX comme première source du graphe
6 600
arêtes, dont 6 027 requires et 573enriches. Le rapport est reparti à 10 contre 1, après 7 le 8 octobre : six cents exercices d'annales arrivent avec leurs prérequis et rien d'autre, et l'enrichissement se déclare à la main, sous ## Voisinage — le vault en porte 540
611
arêtes inférées que personne n'a encore regardées, toutes du corpus LaTeX — une devinette et un trait tiré à la main pèsent pareil tant que nul n'a tranché. 78 ont été refusées, et le refus est écrit pour qu'un import ne repose pas la question. Le chiffre n'a pas bougé depuis septembre : la file de revue n'a pas été ouverte
499
propositions de Wikipédia en attente, 30 déjà tranchées : ce que l'encyclopédie sait des nœuds que le graphe a déjà, relu chaque jour, et jamais plus qu'un enriches tant qu'une personne n'a pas dit d'abord. La file grossit plus vite qu'on ne la vide — 377 le 8 octobre
2
cursus séparés, contre 6 le 8 octobre : un bloc de 3 150 nœuds nommé par suite, et 33 nœuds d'anglais restés à part. Les quatre autres ont été reliés en écrivant les notes, pas en réparant le graphe
0
orphelin. 489 le 8 octobre, 514 en septembre : l'invariant le plus visiblement violé de cette page est respecté depuis le 12 octobre. Les 337 exercices du corpus LaTeX et les 148 nœuds lus dans Anki ont reçu une arête chacun — écrite, pas inférée
2 258
nœuds à carte qui n'ont pas de carte : 636 définitions et 411 exercices du corpus LaTeX, 540 définitions et 345 exercices du vault, 163 exemples. Rien ne peut les prouver, donc ils ne s'enracinent pas. C'est le trou que la disparition des orphelins laisse voir derrière elle
3
cycles, 4 slugs qu'un hash a dû départager, et 3 paires de titres identiques qui attendent qu'on dise s'ils sont deux degrés ou deux choses
9
apprenants, dont 4 marchent pour de bon — c'était un seul le 8 octobre. Le plus avancé porte 278 cartes que le démon fait vivre et 117 nœuds enracinés : 66 notions comprises, 31 définitions tenues, 14 épreuves réussies, 6 exercices résolus. Les trois suivants en ont 34, 30 et 29 quatre élèves
429
pas dans le journal de marche depuis le 5 octobre, chacun signé : 132 par Pierre, 123 par une deuxième apprenante, 75 par le démon qui recopie ce qu'Anki sait, 45 et 32 par deux autres, 22 par la commande pass. Ils étaient 113 quatre jours plus tôt
213
exercices d'annales du brevet dans le graphe, découpés dans 44 sujets de 2015 à 2026, dont 40 avec leur corrigé. Ils ne sont plus un plan : ils sont des nœuds, avec les prérequis que le dépouillement leur a donnés — un exercice requiert le nœud qui chapeaute chaque thème qu'il mobilise, énoncé et corrigé lus, parce qu'un sujet ne nomme pas le théorème qu'il attend
Ces chiffres sortent de la base au moment où la page a été
écrite, pas d'un souvenir. rhizome doctor les recalcule.
Ce qui ne marche pas encore
Les trous, nommés
Une page de présentation qui ne liste que ce qui marche ne présente rien.
1
Presque rien n'est enraciné
en ce moment. 117 nœuds sur 3 217, pour l'apprenant le plus avancé. Ce
n'est pas une panne, c'est la règle qui fonctionne : la collection a été
refaite à neuf sur le serveur privé, et une collection sans historique
n'enracine rien — tout se ferme sauf les racines, et la frontière se rouvre par
vagues à mesure que les cartes sont prouvées. Une carte jamais répondue
n'est pas une carte oubliée, et il a fallu onze nœuds rétrogradés par le
démon, une nuit, pour l'écrire. En quatre jours le chiffre est passé de 89
à 117 : la frontière se rouvre, lentement, et le dénominateur monte plus
vite.
2
Deux nœuds sur trois ne peuvent rien prouver.
2 258 nœuds de forme définition, exercice ou exemple n'ont pas de carte.
Un nœud sans carte ne s'enracine jamais, donc ne s'ouvre jamais, donc ferme
tout ce qui est derrière lui : c'est l'orphelin de l'étage du dessous.
Les 489 orphelins du 8 octobre, eux, sont à zéro — ils ont été reliés en
écrivant les notes, et ce qu'ils masquaient apparaît maintenant.
rhizome sync --cards-only en fabrique, mais les fabriquer
toutes d'un coup remplirait la collection d'un apprenant de cartes que
personne n'a demandées.
3
Le graphe bat, et les verrous sont en bas.
Un sous-arbre se ferme dès qu'un ancêtre quelconque arrive à échéance, et
1 155 nœuds en gardent d'autres fermés. Les plus lourds sont les plus
élémentaires : subitisation en bloque 2 403 à lui seul,
cardinalite 2 402, numeration-de-position 1 921.
Le primaire posé en octobre est devenu la racine de tout le reste, donc la
moindre carte échue au CP referme la licence. Accepté pour l'instant en
échange d'une règle sans paramètre ; le raffinement probable est un seuil
plutôt qu'un binaire.
4
Neuf comptes, une seule collection qui bouge.
Le serveur sert une collection par apprenant, mais un seul a une collection
que le démon synchronise : 278 cartes, toutes créées entre le 5 et le 12
octobre. Une deuxième apprenante a 404 cartes figées au 29 septembre sur
l'ancienne collection de bureau — elle marche quand même, 123 pas depuis
Canopée, mais ses cartes ne prouvent plus rien. Les sept autres ont un
compte et presque rien derrière.
5
Une seule langue.
La table des rendus existe, avec sa règle — la langue demandée, puis
l'anglais, puis rien — mais ses 3 208 lignes sont toutes en français. Le
jour où un apprenant lit dans une autre langue, le graphe s'arrête pour
lui au premier nœud non traduit, et c'est voulu.
6
Anki reçoit encore du Markdown brut.
Canopée rend les formules, les partitions et les images depuis octobre ;
un verso écrit *cha-peau* : deux arrive toujours dans Anki avec
ses astérisques.
7
Une clé qu'Anki n'a jamais documentée.
Le démon s'authentifie auprès du serveur avec une clé dérivée du nom et
de l'empreinte du mot de passe — mesurée, pas lue dans une doc. Une mise
à jour d'Anki peut la changer, et la seule défense est d'échouer fort
plutôt que de cesser de synchroniser en silence.
8
Quatre œuvres, aucun jury.
Les nœuds de forme œuvre sont quatre — jouer une sonate, coudre un
manteau, une beat tape, un album — et les tables submission et
judgment sont vides toutes les deux, parce qu'il n'y a personne
pour en juger. C'est la ligne qui
fera de ceci une école, et c'est la seule qu'aucun code n'écrira.